Comment sont imposés les revenus fonciers en 2026 : barème, TMI et 17,2 % de prélèvements sociaux

Beaucoup de propriétaires bailleurs découvrent leur imposition foncière au moment de l’avis d’impôt, sans avoir anticipé le mécanisme. La question de départ n’est pas “combien vais-je déduire” mais “comment mes loyers sont-ils taxés une fois les charges retirées”. La réponse tient en une phrase : le revenu foncier net s’ajoute à vos autres revenus, subit le barème progressif de l’impôt sur le revenu, et supporte en plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce guide explique la mécanique générale et l’illustre par des exemples chiffrés. Il a une vocation strictement pédagogique et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé : chaque situation doit être validée avec un expert-comptable ou un avocat fiscaliste.

Le principe : deux étages d’imposition

Un revenu foncier issu de la location nue n’est pas taxé à un taux unique. Il traverse deux prélèvements distincts, calculés sur la même assiette (le revenu foncier net) mais selon des règles différentes.

  1. L’impôt sur le revenu (IR). Le revenu net foncier ne fait pas l’objet d’un impôt séparé : il rejoint les autres revenus du foyer (salaires, pensions, bénéfices, etc.) pour former le revenu global net, base de l’impôt sur le revenu. Le revenu global net annuel est en effet constitué en totalisant les revenus nets des différentes catégories, chacun déterminé selon ses règles propres (article 13 du CGI). Ce revenu global est ensuite soumis au barème progressif.
  2. Les prélèvements sociaux (PS). En parallèle, le revenu foncier net supporte 17,2 % de prélèvements sociaux, un prélèvement à taux fixe qui ne dépend pas du niveau de revenu du foyer.

Cette dualité est la clé : le premier étage dépend de votre tranche d’imposition, le second est identique pour tout le monde. C’est pourquoi deux bailleurs percevant le même loyer net ne paient pas le même impôt total, mais paient exactement les mêmes prélèvements sociaux.

Étage 1 : le revenu net foncier et le barème de l’impôt sur le revenu

D’où vient le revenu net foncier

Avant d’être imposé, le loyer est transformé en revenu net. Le principe est posé par l’article 28 du CGI : le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété. Autrement dit :

Revenu net foncier = loyers encaissés (revenu brut) − charges déductibles

La façon de calculer ce net dépend du régime d’imposition applicable :

Le choix entre ces deux régimes fait l’objet d’un guide dédié : micro-foncier ou régime réel. Le détail des charges admises au régime réel est traité dans notre guide des charges déductibles des revenus fonciers. L’important ici est de retenir que, quel que soit le régime, on aboutit à un revenu net foncier, et c’est ce net qui entre dans le revenu global.

Lorsque les charges dépassent les loyers, le résultat foncier devient négatif : on parle alors de déficit foncier, qui obéit à des règles d’imputation spécifiques et n’est pas l’objet de cet article. Ici, on raisonne sur un revenu foncier positif.

Le barème progressif 2026 et la notion de TMI

Une fois intégré au revenu global, le revenu foncier net est taxé selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Pour l’imposition 2026 (revenus 2025), le barème comporte cinq tranches, revalorisées de 0,9 % par la loi de finances pour 2026 :

Tranche de revenu imposable (pour une part de quotient familial)Taux
Jusqu’à 11 600 €0 %
De 11 601 € à 29 579 €11 %
De 29 580 € à 84 577 €30 %
De 84 578 € à 181 917 €41 %
Au-delà de 181 917 €45 %

Référence : barème issu de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, publié sur service-public.gouv.fr.

Le barème est progressif par tranches : chaque euro de revenu n’est taxé qu’au taux de la tranche dans laquelle il tombe. Le taux marginal d’imposition (TMI) est le taux de la tranche la plus haute atteinte par vos revenus. C’est lui qui compte pour un revenu foncier supplémentaire, car ce revenu vient “par-dessus” vos autres revenus : il est donc taxé au taux de votre dernière tranche.

Concrètement, si vos autres revenus vous placent déjà dans la tranche à 30 %, un euro de revenu foncier net supplémentaire sera imposé à 30 % au titre de l’IR (et non à un taux moyen plus faible). C’est cette logique marginale qui rend le revenu foncier plus ou moins lourd selon les foyers.

Étage 2 : les 17,2 % de prélèvements sociaux

En plus de l’impôt sur le revenu, le revenu foncier net supporte les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, au taux global de 17,2 %. Ce taux se décompose ainsi :

ComposanteTaux
CSG (contribution sociale généralisée)9,2 %
CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale)0,5 %
Prélèvement de solidarité7,5 %
Total17,2 %

Références : CSG selon l’article L136-8 du Code de la sécurité sociale ; prélèvement de solidarité selon l’article 235 ter du CGI ; CRDS de 0,5 %.

Le point de vigilance 2026 : les revenus fonciers restent à 17,2 %

C’est le point d’actualité à ne pas confondre. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a relevé le taux de CSG de 9,2 % à 10,6 % sur certains revenus du capital, portant leur taux global de prélèvements sociaux à 18,6 %. Mais cette hausse ne vise que certains revenus mobiliers (dividendes, intérêts, plus-values de cession de valeurs mobilières, notamment). Les revenus fonciers figurent parmi les revenus expressément maintenus au taux de CSG de 9,2 %, soit un taux global inchangé de 17,2 % (article L136-8, IV du CSS modifié par l’article 12 de la LFSS pour 2026).

Autrement dit : si vous lisez qu‘“en 2026 les prélèvements sociaux passent à 18,6 %”, cela ne concerne pas vos loyers de location nue. Pour les revenus fonciers, le taux reste 17,2 %.

Une fraction de la CSG est déductible

Les prélèvements sociaux ne sont pas intégralement un coût sec. Une fraction de la CSG afférente aux revenus du patrimoine, égale à 6,8 points, est déductible du revenu global imposable de l’année au cours de laquelle elle est payée (article 154 quinquies, II du CGI). Cette déduction intervient en général l’année suivante, réduit légèrement le coût réel des prélèvements sociaux pour les foyers imposables, mais ne modifie pas le taux affiché de 17,2 %. Pour un raisonnement simple, on peut l’ignorer au premier calcul, puis l’intégrer pour affiner.

Exemple chiffré : un même revenu foncier net selon la TMI

Prenons un revenu foncier net de 5 000 € (loyers déjà diminués des charges ou de l’abattement, selon le régime). Voici l’imposition totale selon la tranche marginale du foyer. Les prélèvements sociaux sont identiques dans tous les cas : 5 000 € × 17,2 % = 860 €.

TMI du foyerImpôt sur le revenu (5 000 € × TMI)Prélèvements sociaux (17,2 %)TotalTaux global
0 %0 €860 €860 €17,2 %
11 %550 €860 €1 410 €28,2 %
30 %1 500 €860 €2 360 €47,2 %
41 %2 050 €860 €2 910 €58,2 %
45 %2 250 €860 €3 110 €62,2 %

Lecture : un même loyer net de 5 000 € coûte 860 € d’impôts et prélèvements à un foyer non imposable, mais 3 110 € à un foyer dans la tranche à 45 %. La règle mnémotechnique est simple : taxation marginale ≈ TMI + 17,2 %. Un bailleur à 30 % supporte donc de l’ordre de 47,2 % sur chaque euro de revenu foncier net, un bailleur à 41 % environ 58,2 %.

Cet exemple ne tient pas compte de l’effet, l’année suivante, de la fraction de CSG déductible (6,8 points), ni de dispositifs propres à chaque foyer (quotient familial, décote, autres réductions). Il illustre l’ordre de grandeur, pas votre situation exacte. Un simulateur officiel ou un professionnel donnera le chiffre personnalisé.

Pourquoi ce niveau d’imposition rend les charges décisives

L’enchaînement barème + prélèvements sociaux explique une évidence stratégique pour le bailleur : plus la TMI est élevée, plus chaque euro de charge déductible “rapporte”. Pour un foyer à 30 %, un euro de charge déductible évite non seulement 17,2 % de prélèvements sociaux mais aussi 30 % d’IR, soit une économie marginale d’environ 47,2 centimes. Pour un foyer à 45 %, l’économie approche 62,2 centimes par euro de charge.

C’est précisément ce qui donne son intérêt au régime réel dès que les charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire de 30 % du micro-foncier, et ce qui fait du déficit foncier un levier recherché : lorsque les charges excèdent les loyers, l’excédent peut, sous conditions, s’imputer sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an (article 156, I, 3° du CGI), effaçant de l’impôt à hauteur de la TMI. Mais attention : le déficit foncier n’efface l’impôt sur le revenu que sur la part imputée sur le revenu global ; il ne “rembourse” pas les prélèvements sociaux déjà supportés les autres années. Le choix du régime et l’arbitrage des travaux sont traités dans les guides dédiés cités plus haut.

Ce qu’il faut retenir

Ce guide est un point de départ pédagogique. Les taux, seuils et plafonds cités doivent être vérifiés sur les sources officielles (Legifrance, BOFiP, impots.gouv.fr, service-public.gouv.fr) au moment de votre déclaration, car ils évoluent chaque année en loi de finances et en loi de financement de la sécurité sociale. Pour un calcul adapté à votre foyer, rapprochez-vous d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste.

Questions fréquentes

Comment sont imposés les revenus fonciers en 2026 ?

Les revenus fonciers (location nue) sont imposés en deux étages. Le revenu net foncier, c'est-à-dire les loyers encaissés diminués des charges déductibles (article 28 du CGI), s'ajoute à vos autres revenus pour former le revenu global, lequel est soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu selon votre taux marginal (0, 11, 30, 41 ou 45 %). À cet impôt sur le revenu s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux.

Quel est le taux des prélèvements sociaux sur les revenus fonciers en 2026 ?

17,2 %. Ce taux se décompose en CSG 9,2 %, CRDS 0,5 % et prélèvement de solidarité 7,5 %. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a relevé la CSG à 10,6 % (soit 18,6 % au total) sur l'ensemble des revenus du capital (revenus de placement et certains autres revenus du patrimoine, dont les bénéfices industriels et commerciaux de la location meublée), mais les revenus fonciers sont expressément maintenus au taux de 9,2 % de CSG, donc 17,2 % au total (article L136-8, IV du CSS).

Les revenus fonciers subissent-ils la flat tax de 30 % ?

Non. Le prélèvement forfaitaire unique (flat tax) de 30 % s'applique aux revenus mobiliers (dividendes, intérêts, plus-values de cession de valeurs mobilières), pas aux revenus fonciers. Les revenus fonciers de la location nue sont toujours soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux.

Comment calculer l'impôt sur un revenu foncier ?

On part du revenu net foncier (loyers bruts moins charges déductibles au régime réel, ou loyers bruts après abattement de 30 % au micro-foncier). Ce montant s'ajoute au revenu global et est taxé au taux marginal d'imposition du foyer. On y ajoute 17,2 % de prélèvements sociaux calculés sur le même revenu net foncier. En pratique, la taxation marginale d'un euro de revenu foncier net s'approche du taux marginal d'imposition + 17,2 %.

Quelle différence entre le micro-foncier et le régime réel pour l'imposition ?

Dans les deux régimes, l'imposition finale suit la même logique (barème de l'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). La différence porte sur la façon de calculer le revenu net imposable : le micro-foncier applique un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts (article 32 du CGI), tandis que le régime réel déduit les charges pour leur montant réel. Le choix entre les deux est détaillé dans un guide dédié.

La CSG payée sur les revenus fonciers est-elle déductible ?

En partie. Une fraction de la CSG afférente aux revenus du patrimoine, égale à 6,8 points, est déductible du revenu global imposable de l'année au cours de laquelle elle est payée (article 154 quinquies, II du CGI). Cette déduction réduit légèrement le coût réel des prélèvements sociaux pour les foyers imposables, mais elle intervient l'année suivante et ne modifie pas le taux affiché de 17,2 %.

Un déficit foncier change-t-il la façon dont mes loyers sont imposés ?

Le déficit foncier n'intervient que lorsque les charges déductibles dépassent les loyers : dans ce cas, il n'y a pas de revenu foncier positif à imposer, et l'excédent peut, sous conditions, s'imputer sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an (article 156, I, 3° du CGI). Tant que le résultat foncier reste positif, c'est ce revenu net qui s'ajoute au revenu global et subit le barème plus les 17,2 %.

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Sources officielles

Rédigé par Jeremy, Foncier Malin. Information vérifiée le 2026-07-22 auprès des sources officielles (BOFiP / impots.gouv.fr).